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Affaire Amaral Duclona : premier interrogatoire du Président de la République

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amaral_duclona_Avec la visite du Procureur de Santo Domingo au Palais National, Préval a subi son premier interrogatoire dans le cadre de l'affaire d'Amaral Duclona. Préval vient de créer une jurisprudence en reconnaissant la portée extraterritoriale des lois dominicaines sur toute l’ile d’Hispaniola. Le Procureur de Santo Domingo, peut, à l’avenir, demander à l’armée dominicaine de lui prêter la main forte pour procéder à l’arrestation du Chef de l’Etat Haïtien au cas où Monsieur Duclona continuerait à faire des déclarations de plus en plus embarrassantes pour le chef de l’Etat. La MINUSTHA ne fera rien pour protéger le Chef de l’Etat parce que cette clause ne fait pas partie de son mandat.

La pénétration du procureur dominicain dans l’enceinte du Palais National pour interroger le Président lui demandant de certifier l’authenticité des pièces d’identité du prévenu Duclona apparait comme un acte d’inculpation du Président de la République.

S’il ne s’agissait pas d’un acte d’inculpation, le procureur Dominicain, Radhamés Jiménez Peña, devrait, par commission rogatoire, demander à son homologue haïtien, le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, de procéder à l’authentification des pièces d’identité du prévenu Duclona. Dans un deuxième temps, le Ministre de la Justice de la République Dominicaine devrait demander à son homologue haïtien de prendre toutes les dispositions nécessaires pour faciliter l’extradition du Prévenu Duclona en France.

Le Procureur  général de la République Dominicaine , Radhamés Jiménez Peña, sautant tous les verrous administratifs, diplomatiques, judiciaires et protocolaires, se présentait directement au Palais National pour s’enquérir des informations du Chef de l’Etat qui lui a remis des documents d'identité en vue de l'extradition vers la France de l'ancien chef de gang de Cité Soleil (banlieue nord de la capitale), Amaral Duclona.

Selon le protocole de la diplomatie judicaire, le Procureur général de la République Dominicaine, Radhamés Jiménez Peña s’est présenté en chef de l’action publique de son pays pour interroger le Président Haïtien. Préval a subi un interrogatoire en bonne et due forme. Plusieurs Chefs d’Etat étranger en fonction sont en prise avec la diplomatie judiciaire.

La question de la diplomatie judiciaire fait du tapage entre plusieurs pays (France/Rwanda, France/Djibouti, Belgique/Sénégal). La Faculté de droit de P-au-P a beaucoup de choses à faire !!

C’est toute la trame de l’intelligence haïtienne qui part avec cette percée fulgurante du procureur dominicain au Palais National. La souveraineté Nationale est écornée.   

Le procureur Dominicain, traversant les portes du Palais National et demandant au Président de la République d’identifier et de lui remettre des documents pour extrader un prévenu réputé dangereux qui a cité le nom du Président dans divers actes malhonnêtes, a accumulé beaucoup d’informations compromettantes sur le Chef de l’Etat. Préval pourrait citer à comparaitre au Parquet de Paris, à titre de témoin, dans la cadre de l’instruction de l’affaire Duclona.

Au-delà du simple personnage de Préval, c’est la Fonction du Président de la République qui est souillée avec le mandat de perquisition exécuté en personne par  le Procureur général de la République Dominicaine, Radhamés Jiménez Peña, au Palais National. Le côté jurisprudentiel de l’introduction d’un Magistrat dominicain au siège de la Présidence de la République pour interroger le premier personnage de l’Etat sur les démêlées d’un bandit de grand chemin avec la justice pénale désacralise la fonction présidentielle. Comment en est-on arrivé là ? L’affaire Duclona, qui devient une affaire d’Etat, éclabousse non seulement notre diplomatie mais également la morale républicaine!

Après la destruction économique et sociale aboutissant à l’occupation d’aujourd’hui, les implications internationales de l’affaire Duclona  fragilisent la présidence haïtienne. Quand le Camp Patriotique défend l’indépendance nationale et réclame l’exercice de tous les attributs de la souveraineté nationale par l’Etat Haïtien c’est parque nous savons les dangers et le contour du jeu international. Le Président Préval s’est entouré d’un train de flatteurs qui lui disent tous les jours, « Excellence vous êtes beau, excellence, il y a une femme qui vous attend, Preyidan pa okipe Misye ». Ils refusent de dire au Président de la République la vérité quoiqu’il advienne. Ils disent au Président ce qu’il veut entendre. Les Ambassadeurs qui assistaient à l’interrogatoire du président étaient là à titre de témoins. Nous sommes dans le jeu de la diplomatie judiciaire.

Pour comprendre la diplomatie judiciaire, un phénomène récent de l’histoire internationale, il faut s’enquérir des informations auprès de l’actuel Président de Djibouti, Monsieur Ismaël Omar Guelleh. Il peut expliquer mieux ce qu’il entend par la diplomatie judiciaire avec ses démêlées avec le Parquet de Paris dans le cadre de l’affaire Borrel (magistrat français assassiné à Djibouti).

L’introduction d’un procureur dominicain au Palais National, c’était inimaginable il y a 20 ans. C’est pour la Première fois qu’un pareil acte est produit dans les annales de l’histoire du pays. Malheureusement, je n’ai pas lu des interventions des hommes politiques et des intellectuels haïtiens sur cette gifle qu’a reçue l’institution de la Présidence. Au-delà de la personne de René Préval c’est la Présidence en tant qu’institution qui est menacée. Tout le rituel et l’aspect protocolaire de la Fonction du Président de la République  sont éclaboussés.      

Les Intellectuels dominicains nous rient. Ils sont contents. Messieurs, il faut prendre le pays au sérieux.   

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