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DANS LE SCANDALE DE RIZ OPPOSANT JOCELYN DESJARDIN AUX ÉPOUX JEAN-BAPTISTE

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Le commissaire du gouvernement de Saint-Marc victime d’une injustice

Un scandale de riz au relent de corruption ayant eu pour théâtre les villes du Cap-Haïtien et Saint-Marc s’est terminé en queue de poisson, en dépit d’un rapport y relatif présenté par la Commission permanente Justice et Sécurité publique de la Chambre des députés. Forcé de fuir sa ville et d’abandonner son poste pour éviter les pires traitements des autorités judiciaires, le commissaire du gouvernement n’a pas été rétabli dans sa fonction, ni n’a fait l’objet de la reconnaissance de son innocence.

 

En effet, Rocky Pierre vit à l’étranger, éloigné de son poste, après avoir été informé qu’il allait être arrêté pour la manière dont il avait géré l’affaire de riz, ayant fait incarcérer Jocelyn Desjardins, le propriétaire du bateau à qui la cargaison avait été confiée pour être transportée à son propriétaire, qui l’attendait dans le port de Fort-Liberté.

Les témoignages des différents acteurs dans cette affaire ont permis d’innocenter M. Pierre.

En effet, le rapport de la Commission permanente Justice et Sécurité publique de la Chambre basse a révélé les informations suivantes :

Suite à une lettre en date du 14 mai 2009 adressée à la Commission par M. Desjardins, celui-ci ainsi que M. et Mme Napoléon Jean-Baptiste ont été invités à se présenter aux fins d’audition.

Le document a indiqué que, interrogé sur la question, Jocelyn Desjardins a déclaré ce qui suit :

« J’ai été en République dominicaine, en voyage d’affaires, où j’ai rencontré M. Ramon Javier Cruz, qui m’a confié une cargaison de riz pour être transportée à Fort-Liberté. Étant arrivé, il y avait certaines difficultés. De là étant, je me suis rendu au Cap-Haïtien, de Cap-Haïtien, à Saint-Marc, aux fins de débarquement puisque le propriétaire de la cargaison était introuvable, je m’arrangeais avec la justice pour les suites légales ».

L’audition du témoin continue ainsi :

« Ainsi, le commissaire du gouvernement près du tribunal civil de Saint-Marc, Me Rocky Pierre, a fait procéder à mon arrestation pour vol de riz et j’ai passé plusieurs mois en prison. Toutefois, le plaignant dans sa déposition n’a pas indiqué le nom du propriétaire de la marchandise ».

Se présentant, à son tour, devant la Commission, le 15 mai 2009  Mme Jean-Baptiste, qui a certifié être la propriétaire du riz en question, a déclaré en avoir fait l’acquisition en février 2009 et s’attendait à en prendre livraison à Fort-Liberté au courant du même mois.

En effet, Mme Jean-Baptiste  a déclaré :

« Je me suis spécialisée dans le commerce de produits alimentaires et j’atteste avoir émis deux chèques dont l’un, d’un montant de 19 000 $ USD, le 4 février 2008 et l’autre de 100 000 $ USD, le 31 mai de la même année, avec une balance de 29 750 $ USD. Je devais verser, selon entente avec le sieur Ramon Cruz, avec qui j’entretiens des relations commerciales depuis quinze ans, la somme de 11 000 $ USD pour les frais de transport ».

Dans son témoignage, la commerçante a attiré l’attention des députés sur ce qu’elle qualifie de « méchanceté » de Jocelyn Desjardins qui, dit-elle, l’a contrainte à recourir à la justice pour  récupérer sa cargaison de riz évaluée à 84 494 $ USD.

Auditionné également par la Commission, le commissaire du gouvernement de Saint-Marc, Rocky Pierre, a révélé que Mme Jean-Baptiste s’est présentée devant lui avec ses paperasses et des documentations prouvant qu’elle a été « victime d’une injustice ». Sur ces entrefaites, dit-il, « Je requis un jugement de paix aux fins de constat, les formalités une fois remplies, le Parquet a cru bon sur plainte formelle du directeur des Douanes de Saint-Marc de le retenir pour faux et usage de faux. C’est ce que je sais ».

L’homme d’affaires dominicains fournisseur du riz aux époux Jean-Baptiste a eu lui aussi l’occasion de se présenter devant la Commission.

Dans sa déposition, Ramon Javier Cruz a dit avoir des«  relations commerciales » avec les époux Jean-Baptiste qu’il a qualifiés d’« excellents clients ».

M. Cruz a déclaré avoir effectivement contracté une affaire de riz avec les Jean-Baptiste. Il s’agit, explique-t-il, d’une quantité évaluée à 603 tonnes stockées dans de petits sacs de trois livres. La cargaison a été confiée à Jocelyn Desjardins à destination de Fort-Liberté, « à l’adresse de mes clients ».

Selon le rapport de la Commission, l’homme d’affaires dominicain a déclaré avoir reçu des époux Jean-Baptiste trois versements totalisant 149 658,50 $ USD. Il devait ajouter que les frais de transport étaient à la charge des importateurs, qui devaient s’en acquitter au port de débarquement, c'est-à-dire à Fort-Liberté.

Il est inconcevable qu’un transporteur accepte une sans connaître l’identité de son propriétaire, comme Jocelyn Desjardins l’a souligné dans sa déposition. Dans la même logique, nul exportateur n’aurait embarqué de la marchandise au profit d’un client dont le nom et l’adresse ne figurent pas sur le manifeste.

De toute évidence, dans le cadre de cette affaire, le transporteur a affiché une intention peu honnête. Ayant quitté le port de Fort-Liberté avec la marchandise expédiée par Ramon Javier Cruz, d’abord à destination de la ville de Fort-Liberté, Desjardins l’a acheminée ensuite au Cap-Haïtien puis vers le port de Saint-Marc. Ce faisant, il a donné l’impression qu’il était à la recherche d’un acheteur.

Si l’État haïtien néglige de défendre ses intérêts dans cette affaire, au moins qu’il réhabilite le commissaire du gouvernement de Saint-Marc, Me Rocky Pierre, qui ne mérite pas d’être persécuté ou puni rien que pour avoir voulu bien faire le travail qui lui a été confié.

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